top of page

Refuser de sombrer (tenir) / Neneh Cherry et Obaidullah Baheer

Grandes catastrophes, douleurs incontrôlées et profondes, carences absolues, la mort sur l’écran ou autour de soi, renier ou nier, partir et s’isoler… Avec les conséquences désastreuses à plus ou moins long terme du retour au monde réel… Ou encore détruire ou se laisser mourir, l’air de rien. Ce sont les réflexes. Les artistes de ce topic ont fait avec le monde tel qu’il s’offre à eux dans toutes ses carences, « faire avec », leurs œuvres témoignent d’un refus : celui de sombrer. Pistes pour tenir.


Musique : « 7 Seconds » de Neneh Cherry & Youssou N’Dour (1994)


Le titre à succès rappelle, d’après Neneh Cherry, rappeuse, DJ et auteure-compositrice, les premières secondes d’un humain sur terre avant d’être rattrapé par le contexte de sa naissance.

Neneh Cherry, née et ayant grandi en Suède, de mère suédoise et de père Sierra-Léonais, aura passé une partie de son enfance avec un beau-père africain-américain. Entre hip hop et scène post-punk anglaise, jonglant entre les cultures et les idées préconçues, Neneh Cherry aura tracé une voie de « star » différente : artiste primée aux Brit Awards ou MTV awards, également simple volontaire dans des initiatives d’entraide. En 1994, Cherry se remet de la maladie de lyme encore peu connue à l’époque, et dont elle a souffert plusieurs années. Elle collabore avec le chanteur sénégalais Youssou N’Dour sur le titre « 7 seconds » qui deviendra la chanson la plus célèbre de la discographie des artistes. La vidéo en noir et blanc et en gros plans assumés tranche. Trois langues, en anglais, wolof et français, pour une invitation directe à tenir en nous rappelant de qui nous sommes : des êtres humains nés sans préjugés.


Boul ma sene, boul ma guiss madi re nga fokni mane

Ne me regarde pas de loin, ne regarde pas mon sourire, en pensant que je ne sais pas

Khamouma li neka thi sama souf ak thi guinaw

Ce qui est au-dessus et sous moi

And when a child is born into this world

Et quand un enfant naît dans ce monde

It has no conceptIl n’a aucun concept

Of the tone the skin is living in

Sur la teinte de la peau dans laquelle il vit

It’s not a secondCe n’est pas une seconde

We’re 7 seconds awayNous sommes à 7 secondes

Just as long as I stay

Juste assez longtemps pour que je reste

I’ll be waiting

J’attendrai




Poésie : « Vision » de Obaidullah Baheer (2016)


Dans ces écrits, le poète afghan et enseignant, Obaidullah Baheer, atteste de son vécu difficile (une enfance sous les bombes, un père enlevé et « disparu », un quotidien de guerre civile en Afghanistan), mais il respire encore. Et l’auteur transmet son amour par toutes les voies possibles depuis et pour sa contrée, avec toutes ses composantes.« Voir » avec quel regard ?


Vision


I’m half blindin one eye,

which makes me quarter blind.

It doesn’t bother me though.

The flower doesn’t need eyes

to see the sun


Vision


Je suis à moitié aveugled’un œil,

ce qui fait que je suis aveugle au quart.

Mais ça ne me tracasse pas.

La fleur n’a pas besoin d’yeux

pour voir le soleil


bottom of page